samedi 28 août 2010

MAFIA II se tire dans le pied, mais on lui pardonne!



Je dois avouer que je suis particulièrement perplexe devant le choix de Mafia II (et probablement Mafia tout court, je n'y ai pas joué) de reprendre la mécanique de jeu de GTA.

Là où le magnum opus de Rockstar développe une histoire parce que... parce que pourquoi pas et repose principalement sur le besoin primal de l'homme moderne de rassembler 200 voitures de flics et de tirer une roquette dans le tas pour voir ce que ça fait (Spoiler alert: c'est Awesome!) Mafia II suit un scénario ma foi bien ficelé mais ne laisse que très peu de place à votre dégénéré intérieur.


Et c'est pas forcément un mal, GTA IV était cool, mais on passait finalement plus de temps a procrastiner qu'à faire avancer « l'histoire » (Vous avez vu ce que j'ai fait avec les guillemets, plutôt cool non?)

Ce qui est bien dans Mafia II c'est qu'on est avant tout tenter de faire avancer l'histoire, certes on perçoit des possibilités de digresser sur le chemin mais on se dit qu'on y reviendra plus tard.

Au fait, pendant que j'y pense Mafia II résout le problème de la gestion de la moralité de la manière la plus satisfaisante que j'ai vue pour l'instant.

Vous avez à un moment l'opportunité de suivre les traces de votre père et de trouver un boulot honnête. Au bout de cinq minutes à charger des caisses dans un camion pour gagner dix dollars par jour, je peux vous promettre que vous ne vous poserez plus la question de la moralité de vos actions dans le jeu. Au bout de cinq minutes et dix secondes le personnage vous emboite le pas et décide de laisser tomber et de retourner voir ce qui se passe du côté obscur.

En même temps si vous vouliez sauver des chatons peut-être valait il mieux éviter un jeu qui s'appelle MAFIA II.

Bref, on avance, on avance et oh surprise on se retrouve en prison. (Spoiler Al...Eh merde!)

Ce changement d'environnement est vraiment bienvenu à ce moment du jeu, il intervient juste au moment ou vous auriez pu commencer à vous lasser des missions un tant soit peu répétitives du début de l'aventure. Quand on sort de taule, six ans ont passés et le monde a changé. Les voitures sont différentes, la musique est différentes, les enjeux dramatiques aussi et on se rend compte qu'on a assisté à une période charnière du crime organisé.


La progression de tout ça est tellement organique qu'on n'y repense jamais vraiment à deux fois. Les personnages sont attachants, les rebondissements sont fréquents et on arrive finalement assez vite au dénouement.

Là où le bât blesse, à coup de batte de baseball dans les rotules, c'est que là où GTA pouvait se permettre de finir sa quête principale en eau de boudin dans la mesure ou on pouvait alors enfin retourner voler des hélicoptères pour les crasher en haut de l'Empire State Building, Mafia II n'a pas grand chose pour lui dans cette catégorie. Aussi quand vous aurez vu la fin de l'histoire (Spoiler Alert: WTF?) vous vous sentirez probablement un peu roulé, il ne vous restera en effet plus grand chose à faire à part collectionner les Playboy d'époque disséminés un peu partout dans le jeu.


Et c'est là que vous vous apercevrez vraiment que la ville même si elle est assez fantastiquement détaillée, ne représente même pas le quart de la surface de Liberty City et que sans les possibilités de chaos d'un GTA elle paraît au final bien froide et vide.

En finissant sur cette note, le joueur sera amené a réévaluer l'ensemble d'une expérience qui lui a pourtant apporter beaucoup de plaisir sur le moment et finira par se rappeler de petits détails comme le système de visée franchement aléatoire, l'intelligence artificielle de vos alliés qui se mettent dans votre champ de tir un peu trop souvent et d'une caméra un peu trop je m'en foutiste lors des combats à mains nues.

Cependant, si on entame le jeu en sachant tout ce que je viens de vous dire il est fort probable que le sentiment final soit plus que positif.

En gros achetez le en sachant que c'est 6h d'espérance de vie mais 6 bonnes heures.

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